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Dans un interview accordé à l'humanité Dimanche et paru dans le N° 21247 du 5 septembre, Thierry Lepaon secrétaire général de la CGT répondait aux questions des journalistes sur le dossier des retraites, les rapports de la CGT avec le gouvernement ainsi qu'avec les autres organisations syndicales et notamment celles qui refusaient d'appeler à la manifestation du 10 septembre. Thierry le Paon s'est livré à un bel exercice d'équilibriste durant lequel il a pris garde de ne pas rompre toute possibilité de dialogue avec les uns et les autres ce qui donné une tonalité très consensuelle à ses réponses pour ne pas dire langue de bois.

Pour le secrétaire général de la CGT "Il y a une différence entre la gauche et la droite. Considérer que c'est la même chose, c'est permettre au front National d'empocher la mise". Une réponse incroyable si on l'a met en perspective avec la réalité des mesures prises en faveur du patronat depuis l'arrivée de François Hollande à l’Élysée, sans compter maintenant la nouvelle réforme des retraites qui entérine et aggrave la réforme Sarkozy de 2010. dans ces conditions, Il y a de quoi être très inquiet à propos des positionnement futurs de première centrale syndicale pour les luttes avenir.

Toute aussi inquiétante est l'analyse qu'il tire de la bataille contre la réforme des retraite de Sarkozy en 2010. Il dit "Les trois millions de manifestants contre la réforme des retraites en 2010 n'ont pas fait reculer sarkozy. Mais il a perdu les élections". Étrange de la part d'un secrétaire général de s'en remettre au final à la sanction électorale à défaut de ne pas avoir pu, ou su faire plier le gouvernement de l'époque par la contestation dans la rue. Serait-ce une sorte d'aveu d'impuissance du syndicalisme à se rendre audible auprès des pouvoirs publics en manifestant ? Comment s'étonner ensuite que la manifestation du 10 septembre dernier contre la réforme des retraites de Hollande n'est pas été un succès si les responsables syndicaux ne croient plus eux même dans la capacité de la rue à se faire entendre et que ceux ci se réfugient dans l'espoir d'une sanction par le vote, alors que chacun sait que les vrais gagnants des élections dans ces situations de crise sont le FN et l'abstention ?

Mais le summum de l'interview fut certainement la manière dont Thierry Le Paon a balayé d'un revers de la main la distinction entre syndicalisme de lutte et de transformation social d'un coté et syndicalisme réformiste et d'accompagnement du libéralisme de l'autre, alors que jamais cette différence n'avait été aussi patente. Le secrétaire générale de la CGT rejette cette réalité et considère que certaine revendications peuvent même être portées en commun. Autant le dire, il lui faudra beaucoup de talent pour convaincre sa base qui se trouve presque toujours aux premières loges lorsqu'il s'agit de mener les combats contre les réformes libérales.

Il ne sera pas possible de cultiver éternellement l'ambiguïté par rapport aux forces syndicales qui affichent clairement leurs ambitions réformistes. Les militants de la CGT qui mènent les luttes sur le terrain ne le comprendront pas et un jour ou l'autre demanderont des comptes à leur direction générale.

Tag(s) : #Actualité sociale

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