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La CFDT ne s'oppose pas au travail du dimanche dans certains cas. Laurent berger a déclaré sur France Info "nous ne somme pas opposés, là ou il y a une justification économique, à ce qu'il y ait ouverture dominicale" (2'26 sur la vidéo). Cette déclaration dont l'importance a échappée aux journalistes de France Info (lire leur analyse LA), est pourtant au cœur même de ce qui définit la CFDT depuis plusieurs décennies : le renoncement progressif à de nombreux acquis sociaux. Et cet acquis là ne remonte pas à hier, puisque c'est sous le gouvernement de la commune de Paris que sera instaurée l'interdiction du travail de nuit pour les ouvriers boulangers ( lire ICI l'article du Monde diplomatique).

Tout le monde sait en effet que le travail du dimanche existe aujourd'hui et dans beaucoup de secteurs d'activité. Mais seulement ce travail exceptionnel est conditionné par des impératifs de santé, de sécurité, de continuité des services publics, ainsi que dans les métiers de bouche ou d'hôtellerie et quelques autres bien définis par la législation actuelle. Or Bruno Berger vient de rompre ce matin là avec cette logique en introduisant la nécessité économique. Autant dire que cette approche signifie la banalisation du travail dominical et de nuit. La rupture qu'opère la CFDT, se situe là, et les journalistes de France info ne l'on pas relevé.

C'est encore un recul majeur pour l'ensemble des salariés, y compris pour celles et ceux qui réclament à corps et à cris la possibilité de travailler le dimanche et la nuit en faisant valoir que cela améliore le quotidien, car même si certains, comme Bruno Berger le disait dans cet interview réclament que l'on fasse appel au volontariat pour travailler dans ces créneaux avec sur-rémunération, tout le monde sait que cela ne peux pas fonctionner, car tôt ou tard, des pressions sont exercées sur les salariés qui ne veulent pas travailler de en horaires tardifs ou les dimanches. Et ces pression sont "inévitables", car les patrons ne voudrons pas embaucher d'autres personnes pour faire le travail en horaires atypiques.

Tous les syndicalistes de terrain le savent : l'argument du volontariat pour les horaires atypiques est une tarte à la crème, car aucun salarié ne peut refuser les conditions de travail et les horaires que lui impose son patron si la loi ne le protège pas (et parfois même la loi n'y suffit pas). Et ceux qui refuseront de se plier à la loi du patron seront virés. Comment Bruno Berger peut-il ignorer cela ? Cela étant, il y a gros à parier que le leader de la CFDT ne sera pas suivi par tout le monde, même dans le camp des réformistes.

La CFTC qui est pourtant elle même un syndicat au moins aussi réformiste que la CFDT (au point que la centrale chrétienne est souvent hostile à l'idée même de manifester), ne pourra pas suivre Bruno Berger sur ce terrain car cette question touche à un tabou qui tient à son identité même, celui du caractère sacré du repos dominicale. C'est donc une brèche qui s'ouvre dans la belle unité des syndicats réformistes qui pourrait bien laisser des traces à l'avenir.

Il n'empêche que nous apprenons que des consultations vont avoir lieu prochainement. La question est de savoir quelle sera la position du gouvernement et si ce dernier n'attendait pas une occasion comme celle de la fronde de certaines grandes enseignes pour réformer en profondeur le droit du travail en commençant par la banalisation des horaires atypiques. Et s'il réussit son coup, alors là, tout est possible par la suite...

Tag(s) : #Actualité sociale

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